Où voir de la peinture balinaise, et comment reconnaître les styles ?
Pour comprendre la peinture balinaise, il faut remonter aux temples et aux palais : pendant des siècles, on peignait des scènes de légendes (les épopées, le théâtre d'ombres) sur des toiles et des plafonds, par commande. L'arrivée des artistes européens dans les années 1930 et la création de la coopérative Pita Maha, le 29 janvier 1936, ont changé la donne : la peinture est devenue un art autonome, avec des peintres qui signent leurs œuvres.
Comment reconnaître les styles ?
- Kamasan (du village de Kamasan, près de Klungkung) : le style classique du théâtre d'ombres (wayang), aux tons de terre et aux personnages stylisés, qui raconte des épopées.
- Ubud : plus d'espaces vides, des figures humaines mises en valeur, des scènes de la vie quotidienne.
- Batuan : des compositions denses, très chargées, aux sujets religieux et mythologiques.
- Young Artists (à partir des années 1960, autour de Pengosekan) : des couleurs vives, des scènes de villages, inspirées par le peintre néerlandais Arie Smit, qui encourageait de jeunes villageois à peindre librement.
- Keliki : de petites miniatures très détaillées.
Où les voir ? Quatre musées couvrent le tour de la question :
- Puri Lukisan, le plus ancien (ouvert en 1956), au cœur d'Ubud. Trois pavillons, avec des peintures de style Kamasan, des dessins à l'encre de Lempad et des œuvres de Pita Maha. Environ 75 000 roupies (4,50 €), ouvert de 9 h à 18 h.
- Neka (à Sanggingan, ouvert en 1982) : la plus grande profondeur chronologique, avec un fonds Lempad important.
- ARMA (à Pengosekan) : un cadre calme, avec des spectacles.
- Setia Darma (à Mas) : centré sur les masques et les marionnettes.
Une figure à connaître : I Gusti Nyoman Lempad (vers 1862-1978), peintre, sculpteur et architecte de palais et de temples autour d'Ubud, un touche-à-tout dont on dit qu'il a vécu plus de 110 ans.
Le conseil : si vous n'avez le temps que pour un musée, choisissez Puri Lukisan ; et si un tableau vous plaît, achetez-le plutôt dans l'atelier du peintre (voir « Ubud »).
Tarifs et horaires à contrôler avant le départ.